UNIVERSITE DE PEDAGOGIE DE HOCHIMINH-VILLE DEPARTEMENT DE FRANCAIS FILIERE DE TOURISME >>. + MEMOIRE DE FIN D’ETUDES LICENCE EN LANGUE FRANCAISE — SPECIALITE TOURISME PATRIMONIALISATION : REALISE PAR TRAN MINH NHAT 44.118 SOUS LA DIRECTION DE NGUYEN THỨC THÀNH TÍN MAI 2022 UNIVERSITE DE PEDAGOGIE DE HOCHIMINH-VILLE DEPARTEMENT DE FRANCAIS FILIERE DE TOURISME ply MEMOIRE DE FIN D’ETUDES LICENCE EN LANGUE FRANCAISE — SPECIALITE TOURISME PATRIMONIALISATION : & HOCHIMINH-VILLE REALISE PAR TRAN MINH NHAT 44.118 SOUS LA DIRECTION DE NGUYEN THỨC THÀNH TÍN MAI 2022 REMERCIEMENTS La réalisation de ce mémoire résulte des contributions actives de ccux a qui je tiens à exprimer mes remerciements les plus sincères. Tout d’abord, j’aimerais remercier Monsieur NGUYEN THUC Thành Tin pour son temps, sa patience, son dévouement et sa sollicitude durant tout au long de mon travail. J’ai beaucoup appris de lui, de sa méthode de recherche à son style d'écriture en passant par sa rigueur au travail.
En outre, je voudrais remercier Monsieur VO Trường Giang, du Centre de Recherche en Architecture de HoChiMinh-ville, pour son soutien et ses sources d'informations qui rendent possible ce travail de recherche. Je désire également adresser mes sincéres remerciements aux professeurs du Département de Frangais de l'Université de Péđagogie de HoChiMinh-ville, qui m’ont formé et soutenu pendant la formation. Mes remerciements vont aussi aux membres de ma famille, ainsi quà mes amis, pour leur soutien inconditionnel et leur encouragement tout au long du mémoire. TRAN Minh Nhat SOMMAIRE |Iyy lƒ s4015101@7 (0)9|P tr rnrrrrrrrrrrrrr ra ga ga nh 5 GHAPITRE Is; ULEPEATRIMOINEB:ss.- § CHAPITRE 2 : LA PATRIMONIALISATION ET SA DÉMARCHE CHAPITRE 3 : LA PATRIMONIALISATION DES BÂTIMENTS COLONIAUX A HOCHIMINH-VILLE.- (S1 11 11211 11 11 11 111111111111 111111 11 11 11 1111111111121 c6, 37 CHAPITRE 4 : LE PROJET D'INVENTAIRE ET DE CLASSIFICATION ĐES VILLAS |ANGEENNESS ssssssscssssssssssssssssssscscossssssssssssnnnssccoassssssessssenrescssossssssassssene sI CGGNGLHSHNIG ERIERILE.oi600106000016010100656000101006660n1000000000090166 100 59 ẨNNE HS .222410100609090006000006 69 INTRODUCTION La Convention du patrimoine mondial de 1972 apporte un nouveau dynamisme a la valorisation des monuments historiques et culturels.
La plupart des Etats signataires ont commencé a préter plus d’attention a leurs biens patrimoniaux qui pourraient devenir un atout majeur pour le développement du tourisme et done de économie du pays. Mais du bien au patrimoine, le passage est loin d`êtrc évident. Un processus de mise cn patrimoine ou de patrimonialisation s’impose, a fortiori Vinscription a la liste du patrimoine mondial de / UNESCO qui en est une autre paire de manche. Pour cet effet, le site devrait satisfaire aux critéres de sélection spécifiés par les Orientations de ladite Convention et serait soumis a des évaluations par les organisations consultatives indépendantes sclon une démarche longue ct fort mgoureuse.
Mais dans l’ére où nous vivons, la mise en patrimoine apparail comme un processus répandu dans le monde dont l’objectif ne se converge pas a Punique et ultime reconnaissance du bien au niveau de UNESCO. L’enjeu est de taille quand la patrimonialisation entretient des liens étroits avec la protection-restauration ainsi qu’avec des intéréts culturels, sociaux ct économiques. Sa mise en œuvre doit s’ordonner selon des principes clairs et reposer sur une politique cohérente qui traduise une concordance entre le pouvoir public et la communauté des résidents. Beaucoup de pays pourvus de biens patrimoniaux ont traversé cette expérience avec plus ou moins de succès.
Le Vietnam n`échappe pas a ce mouvement patrimonial généralisé. Un pied dans Vindustrialisation ct la modernisation, le pays commence à muter à bien des égards ct a S’innover profondément dans tous les domaines de la vie, ý compris dans celui de la culture. Tout en s’intéressant à la gestion patrimoniale, l’Etat se trouve parfois devant un choix stratégique difficile, entre le culturel et le commercial, entre le traditionnel et le moderne, entre la sauvegarde et le réaménagement urbain — tendance grandissante dans une société mercantique et assoiffée d'espaces pour de nouvelles constructions. Saigon ou HoChiMinh-ville est au cœur de ce dilemme.
En effet, témoignant d’une double culture, orientale par sa localisation géographique et occidentale par sa période de dépendance coloniale, lancienne Perle de lV Extréme-Orient, à côté bien sfr de la diversité et la richesse de ses monuments architecturaux, culturels ou historiques tels que le Temple de la Dame Céleste, la Pagode de l'Empercur de Jade. d°une part ou la Cathédrale Notre-Dame, la Poste centrale, le Palais de |’Indépendance, le marché Ben Thanh. d’autre part qui lui font tous la fierté touristique, posséde encore des centaines d'autres batiments séculaires, petits et grands, publics ou privés, bien entretenus ou lourdement délabrés. Sous la pression de l’expansion des zones résidentielles dues à la croissance démographique, de la modernisation des infrastructures pour le développement et la crise fonciére aidant, cette métropole confinmée pour locomotive économique du Vietnam va- t-elle sacrifier ses batiments d'une autre époque pour céder aux sirénes de l'urbanisation ? Grande en est la tentation, ce qui justifierait la nécessité dune approche globale de la part des autorités municipales pour cette affaire.
ù en est-on dans la mise en patrimoine des biens bâtis de la ville ? Quels en sont les défis et les intéréts ? Préservation ou démolition ? Telles sont autant de questions que je me pose en tant qu’un étudiant de la Filiére de Tourisme qui s’intéresse au probléme patrimonial. Ces questions méritent d’autant plus de légitimité que le temps qui passe n’attend point notre avis pour commettre lirréparable. Intéressé par le patrimoine architectural & HoChiMinh-ville, je tiens cependant a délimiter mon étude dans le cadre de ce modeste mémoire de Licence. Je me dois donc de ne me pencher que sur l'objet qui me passionne pour comprendre les multiples facettes 5 du processus dans cette ville: les constructions qui datent de lépoque colonialiste frangaise.
Ainsi, j’intitule ma recherche « Patrimonialisation : cas des bâtiments coloniaux frangais à HoChiMinh-ville », laquelle s`articule autour de deux questions principales : - En quoi consiste la patrimonialisation ? - La politique de patrimonialisation des batiments coloniaux frangais à HoChiMinh- ville reléve-t-elle du processus général ? L’hypothése de cetle recherche est que la démarche patrimoniale serait aussi complexe que variée, quelle serait tributaire à une abondance de facteurs (socioéconomiques, historico-culturels) et qu'elle ferait appel a différents acteurs. La politique en la matiére en sera aussi diversifiée d'un pays à l'autre, si bien qu'une étude documentaire ne pourra élucider ce paysage polychromatique qu’est la patrimonialisation mais qu’elle contribuera à tout le moins à rendre compte d’un certain nombre de radiations communes. La démarche patrimoniale 4 HoChiMinh-ville connaitra des évolutions dans le temps et des spécificités en fonction des facteurs đ`historicité, de culture, de financement., surtout lorsqu’on a affaire 4 des batiments coloniaux oubliés, Cependant, devant relever les mémes défis, elle š`tnscrit bien dans un mouvement général el en rejoint certains modéles sur certains aspects. Dans tous les cas, ses enjeux ne seront pas minces sur la société.
La conception et l’évolution du patrimoine en général sont lobjet d’étude des chercheurs comme DESVALLEES, BABELON & CHASTEL et POULOT. D'autres se penchent sur la valeur patrimoniale, tels que CHOAY, MARTIN et DUMONT. Le patrimoine entretient un lien étroit avec le tourisme en particulier et Péconomie nationale en générale et c’est sur cet angle de vue que spéculent LAZZAROTI, BRETON, PATIN et ARNAUDE. Dans notre étude, nous ne pouvons nous passer du concept de patrimonialisation, un processus complexe qu`étudient GREFFE, AUTENBERG, AMOUGOU, VESCHAMBRE, FRANCOIS, HIRCZAK & SENIL et DI MEO.
Comme notre centre d’intérét porte sur le patrimoine colonial, les articles de ROOSMALEN, VERNEY, BEN-HAMOUCHE ou NYAMBIYA & MUTYANDAEDZA nous inspireront pour aborder le cas de HoChiMinh-ville. La question de la patrimonialisation au Vietnam a été aussi étudiée par plusieurs auteurs comme POIRIER, NGUYEN Thị Hương Huế & LE Thi An Hoa, DURANCE, NGUYEN Quốc Hùng, NGUYEN Khánh Tung et TRAN Bá Hùng. Inéluctable sera la méthodologie scientifique pour cette étude. Lˆ*approche se veut d’abord cognitive afin de mettre en lumière les concepts clés de la problématique, tels que patrimoine, patrimonialisation ainsi que les problèmes qui y sont liés (caractéristiques, facteurs, acteurs, incidences, đéf1s.
Dans un deuxiéme temps, une recherche documentaire m’aidera à mieux comprendre ce phénomène, à illustrer les tendances de patrimonialisation dans le monde et en tirer des propriétés communes. Comme ma recherche revét le caractére d'une étude de cas, je ferai un bref apergu sur ‘ere colonialiste frangaise et ses constructions avant de spéculer sur les actions patrimoniales au Vietnam et à HoChiMinh-ville. Je me pencherai particulièrement sur des travaux de recensement des constructions frangaises de lếpoque que je considère comme une tentative d’action sur le patrimoine colonial. La méthode qualitative sera utilisée avec un entretien avec l’expert en architecture et en urbanisation qui a travaillé sur cet ouvrage.
Enfin, j’effectuerai une comparaison du cas de HoChiMinh-ville avec les exemples étudiés, dans l’espoir d’en dégager des éléments intéressants. Pour unc telle étude, mes sources đˆinformations ne se borneront pas a des ouvrages de recherche, des monographies ou des publications scientifiques qui relévent de la littérature du domaine mais s’étendront aussi à des articles de presse, des textes officiels, des rapports d’évaluation, des projets de travaux, etc. L’objectif principal de cette recherche, faut-il le souligner, est de mieux comprendre le processus de patrimonialisation & HoChiMinh-ville, ce qui est indispensable quand on est étudiant en Courisme et plus tard un professionnel du secteur. Par une meilleure connaissance du sujet, on pourra alors transmettre des informations pertinentes et un message positifa ceux qui viennent dans la ville pour découvrir ses biens architecturaux et culturels.
De plus, la recherche munira la jeune génération, espérons- nous, de conscience collective sur les valeurs diverses des biens que nous ont légués nos ancétres, sur les efforts qu'il faut déployer pour les préserver, sur les difficultés dans leur exploitation, dont celle dans le tourisme. Nous y rendrons compte aussi des défis sur lesquels se heurte la patrimonialisation, en particulier ce processus 4 HoChiMinh-ville. Enfin, par le biais des exemples de patrimonialisation dans le monde, nous pourrons acquérir beaucoup d’expériences précieuses et ainsi éviter les erreurs. CHAPITRE 1 LE PATRIMOINE I.
Dela notion de patrimoine Remontons d’abord aux premières années de la Renaissance frangaise pour retrouver les origines de la notion de patrimoine. Avant cette derniére, c'est le terme « monument » qui dominait’ pour đécrire de manière exhaustive et concise un ensemble de richesses conservées comme témoignage du passé’. Peu de temps après, en 1791, le terme « monument historique » apparaissait dans les Antiquités nationales ou recueil de monumens d’Aubin-Louis Millin’ et se répandait jusqu’a la fin du XXÊ siècle. En contraste avec « monument », le terme « patrimoine » au début du XX° siecle avait un usage limité.
Ce dernier vocable qui puise son origine du latin désignait alors tout ce qui se rapporte aux biens de famille ou à la fortune du pére. En effet, de son étymon pater (pére), patrimonium faisait référence a ce gui « rappelle les ancéires », ce qui est transmis du pére*. Par ailleurs, đès le Moyen Age, on assistait également à un autre terme définissant tous les biens de la mère, par opposition à ceux du pere : « matrimoine », du latin matremoingne, qui, cependant est considéré comme un terme burlesque au XVIF siécle puis a dispartt. Au fil du temps, « patrimoine » voit son sens évoluer et ne se limite pas 4 ensemble des biens hérités du père.
Plusieurs auteurs“ s°accordent sur quelques repères qu`a traversés ce vocable, de la période romaine Jusqu`à nos jours : - A partir de l'époque romaine, sur la reconnaissance de la valeur historique ou artistique de certains biens, les Romains examinalent et opéralent une distinction entre les choses dans le patrimoine, ou res in patrimonio {celles qui viennent détre définies en tant que biens propres), et celles qui en étaient exclues, appelées res extra patrimonium’ ; - Au Moyen Age, le terme était lié au fait religieux et au fait monarchique®.