7790 MINISTERE DE LEDUCATION ET DE LA FORMATION UNIVERSITE DE PEDAGOGIE D’HO CHI MINH-VILLE FACTEURS DE LA COMPLEXITE SYNTAXIQUE EN FRANCAIS Mémoire de DEA En Didactique du francais langue étrangére 601410 Réalisé par HO TH] THU HA Directeur de recherches: HUYNH THANH TRIEU. pot Truổng Ứci-Ha: “Se ON Te OSCE Rhee Ho Chi Minh-ville 2004 Mes sincéres remerciements a@ Monsieur Huynh Thanh Trieu mon directeur de recherches, et aux professeurs du Département de Francais de I'Université de Pédagogie d lío Chi Minh-ville, grdce a qui j ai pu réaliser ce travail, 4 mes collégues et mes éléves qui m ‘ont aidée avec gentillesse 4 constituer le corpus, et À mes amis qui m on! encouragée et aidée durant mon travail. SOMMAIRE TNTRGHIDGHHONGGeeeeeeeesoeebiedseoddsod)e44iSESEEiui03i610008GS0t0E0GI5S0.G0/0000130 satel FACTEURS CAUSANT LA COMPLEXITE SYNTAXIQUE--------------------- — 6 YEst0#ET ÐE Mi ee ne 8 LE DEVELOPPEMENT DU GROUPE SUIET--------—------------------------------- 15 LES PROPOSITIONS SUBORDONNÉES--------~---~~~~-~-~=>e==========m=m=e=mmmem=m 16 LE RY TH ME DE LA PHR ASE --- —-— ——— ——- -—— ~~~ m=r ==r === s=e e== s=r wome n TE CAN VER SIO N DUS SUI ET e Sis 38 Tk FOMGTUATTIONGG 0A4 AG ais oe La k2 L0 l0 lá ca, 35 LA COORDINA TION----~--—~~--~---~-~~~==~=x~erer==e=+~szs~e~~eresersreeeszaesasessse=see 37 LA MISE EN RELER ose 4] L'ELOIGNEMENT DES FONCTIONS SYNTAXIQUES----------------------------- 45 PLUSIEURS FACTEURS A LA FOIS---.--------~--~~-~-========================== == SỖ ANALYSE D'ERREURS ET PROPOSITIONS DE CORRECTION-------.----—---- 80 CONCLUSION-—--———~—==i=ei-eiiiiieieriiiireieeoriiieeiorsseersroei. 9 INTRODUCTION L"homme communique par la langue.
C’est 4 travers la langue qu'il exprime sa pensée, ses besoins, ses désirs.Or tout énoncé que le sujet parlant produit est une combinaison de lexique, de grammaire et d’éléments phoniques, les composants linguistiques dont le sujet parlant doit respecter les principes de fonctionnement, L*enseignement d'une langue consiste donc 4 faire acquérir les connaissances sur ces principes, mais avant tout, 4 mettre ceux-ci en évidence. La dimension linguistique que nous avons choisie pour notre champ d’étude, c'est celle des faits syntaxiques, notamment leur nature et leur complexité auxquelles doit faire face |’éléve vietnamien dans son apprentissage du francais langue étrangẻre. La réalité montre que la plupart des éléves, quand ils produisent ou regoivent un énoncé, ont tendance a tenir compte uniquement du sens des mots, mais n'accordent pas assez d'attention aux relations entre eux. En fait, a cété des unités lexicales, ces relations constituent un grand facteur dans la construction du sẻmantisme de la phrase.
On sait bien qu'un énoncé mal structuré n’a pas de sens, et risque d’entraver la communication, car la phrase est un ensemble de mots mais un ensemble de mots ne constituent pas sirement une phrase. Imprégnés de leur langue maternelle, les éléves ont aussi |"habitude de suivre la phrase dans l’ordre sujet + verbe + complément, alors qu`en francais |"ordre des mots est quelquefois complément + verbe + sujet ou verbe + complément + sujet, ou autre. Dans le cas d’un bouleversement de |"ordre habituel des mots, le sens de la phrase peut devenir insaisissable pour les éléves. Il ne faut pas non plus oublier certaines particularités syntaxiques de la langue frangaise qui n‘existent pas en vietamien, ou qui n'y trouvent pas leurs équivalents parfaits: pronoms relatifs, emploi des modes, gallicismes.
Tout cela montre a quel point il est indispensable de connaitre les 4 différentes structures syntaxiques de la phrase. Cette tâche n'est certainement pas facile, surtout en cas des phrases étendues, avec |’expansion des éléments et les phrases complexes a plusieurs propositions. Mais aucune pratique linguistique ne peut étre faite sans commencer par une prise de conscience de ses singularités. Notre étude se donne ainsi pour objectifde relever et d’analyser les phénoménes de la syntaxe frangaise susceptibles de provoquer des difficultés, et d”essayer de trouver des solutions didactiques convenables a notre public.
Certes, notre réflexion syntaxique n’est pas la premiẻre. On en trouve une littérature abondante dans la pensée linguistique depuis que le langage constitue une science. Mais il faut reconnaitre qu'une syntaxe francaise pratique et adaptée aux éleves vietnamiens fait toujours défaut et elle doit donc représenter pour nous un premier souci. Celle-ci ne doit pas étre une sorte de glossaire de régles mécaniques qui fait totalement abstraction de l'esprit de l'éléve et des propriétés linguistiques de sa langue maternelle.
L’analyse que nous allons proposer est donc un regard porté sur la syntaxe francaise par un locuteur bilingue essayant de concevoir la syntaxe en question en fonction de celle de sa langue maternelle. De sucroit, c'est la syntaxe qui reflẻte le mode de pensée de l"homme et la vision du monde d’une communauté linguistique. Apprendre une langue étrangére, c'est aussi apprendre la vision du monde de la communauté qui parle cette langue. Huynh Thanh Trieu dit: « Acquérir une langue étrangére est synomyme d’acquérir un nouveau mode de pensée.
Or de toutes les composantes linguistiques d'une langue, c'est la syntaxe qui refléte avec le plus de lumiẻre la vision du monde de la communauté qui la pratique. Les constructions syntaxiques, qu’elles soient motivées ou arbitraires, traduisent toujours la maniére dont on voit les choses, la facon dont on les met en relation. Saisir ces constructions signifie donc saisir la logique d”une communauté, et pénétrer dans son systéme syntaxique signifie pénétrer dans son esprit. » (La complexité syniaxique du francais, p.
1, FACTEURS CAUSANT LA COMPLEXITE SYNTAXIQUE L*examen de la complexité syntaxique nous améne inévitablement a l'étude de la phrase, de la nature de ses constituants, ainsi que de sa structure. Car une phrase est une organisation formée non seulement ả partir de l’idée que le sujet parlant souhaite exprimer, mais aussi, et surtout, selon les lois syntaxiques. Edudier la phrase signifie alors chercher 4 savoir comment les mots s'organisent entre eux et comment ils fonctionnent dans ce cadre syntaxique maximal. Mais avant tout, i! faut répondre4 une question fondamentale : qu`esf-ce qu'une phrase? Les définitions de la phrase sont nombreuses.
Pour Jean Dubois, “les phrases sont des suites de mots ordonnés d'une certaine maniére, qui entretiennent entre eux certaines relations, c’est-a-dire répondent ả certaines régles de la grammaire et qui ont un certain sens” (La nouvelle grammaire du frangais, p. Pour Roberte Tomassone, la phrase est “la plus grande unité qui puisse étre décnte par des régles syntaxiques. Dans l'usage courant, elle est délimitée par une majuscule et un signe de ponctuation forte.” (Pour enselgner la grammaire, p. Dans Grammaire fonctionnelle du francais, André Martinet considére la phrase comme “l'ensemble des monémes qui sont reliés par des rapports de détermination ou de coordination 4 un méme prédicat ou 4 plusieurs prédicats coordonnés.
Pour Maurice Grevisse, “la phrase est un assemblage logiquement et gramma- ticalement organisé en vue d’exprimer un sens complet.” (Le bon usage, p.23) On peut constater que les dẻfinitions de Dubois et de Grevisse se basent sur les cntéres sémantique et formel, alors que celles de Martinet et Tomassone s‘appuient sur le cntére svntaxique, En se basant aussi sur le critẻre syntaxique, dans La complexité syntaxique du francais, Huynh Thanh Trieu propose : “ La phrase est une unité langagiére dans laquelle les mots et les groupes de mots s’organisent autour d'un élément central qui peut étre un verbe, un adjectif ou un adverbe. Pour nous, la phrase est avant tout un fait de la syntaxe. Certes, elle contient en elle 4 la fois |’aspect sémantique et |'aspect syntaxique. Mais le sens ne se préte jamais sous forme d'unités bien délimitées, et il n’existe pas non plus entre les “sens” un téseau de rapports rigoureusement organisẻ comme celui qui existe entre les unités syntaxiques.
De surcroit, c'est la syntaxe qui engendre le sens, pas l”inverse. “ La phrase existe pour la syntaxe, mais n’existe pas pour le lexique.”, dit Jean - Claude Milner (/ntroduction à une science du langage, p. Du point de vue de leur structure, les phrases ne sont pas identiques. Celles qui contiennent les éléments fondamentaux qu'on ne peut pas retrancher sont appelées phrases minimales ou phrases de base.
La pluie tombe. Mon pére est professeur, Ces phrases comportent chacune deux éléments: syntagme nominal (/a pluie, mon pẻre) et syntagme verbal (tombe, est professeur). Partant du critére fonctionnel, Martinet appelle ces deux éléments sujer et prédicat, termes que nous préférons a sujet et verbe, Ce sont les constituants fondamentaux et obligatoires d'une phrase verbale. Mais chacun de ces deux constituants peut étre développé par divers compléments, et ces derniers, ả leur tour, peuvent puiser du méme droit.
I] est 4 noter que beaucoup de ces compléments n'ont pas une place fixe, Les enfants jouent. Les enfants de nos voisins jouent avec leur chien. Dans la cour de leur matson, les enfants de nos voisins jouent avec leur petit chien. Les deux syntagmes principaux de la phrase peuvent étre expansés aussi par une proposition subordonneée, l’extension syntaxique la plus grande.
Dans ce cas, la phrase devient complexe. Dans fa cour de fa maison of nos voisings sẽ sont installés if ya un mois, leurs enfants jouent avec un petit chien qu'ils vwennent de trauver ahandnnnẻ dans la rue. Outre cela, la phrase, pour étre complexe, peut s‘associer une ou plusieurs phrases, par juxtaposition ou coordination. fl pleut, les enfants ne sortent pas.
if pleut mais les enfants sortent. La structure de la phrase minimale ne pose pratiquement pas de difficultés aux éléves vietnamiens. Par contre, le phénoméne de divers niveaux d'expansion syntaxique et la combinaison de plusieurs structures phrastiques en causent souvent pour eux. Notre recherche vise 4 examiner les facteurs qui aménent 4 cette complexité, ceux qui, précisément, concement les groupes de mots, l'ordre des mots, le rythme de la phrase, l’inversion du sujet, la mise en relief, la ponctuation, les éléments intercalés et I'éloignement syntaxique.1 Les groupes de mots Comme nous l’avons signalé, |'examen de la complexité syntaxique, c'est tout d°ahord celui des éléments constituants de la phrase.
Mais, en réalité, les faits syntaxiques commencent dés qu'un mot est accompagné d'un autre qui le détermine pour constituer un groupe de mots, formant entre eux une relation đéterminée. On peut classer les groupes de mots selon la nature du mot noyau, et l'on aura ainsi syntagme nominal, syntagme verbal, syntagme adjectival, syntagme adverbial.I Le syntagme nominal Le syntagme nominal est constitué d'un seul nom noyau, mais il peut comporter des expansions. Le déterminant d'un nom peut étre un article défini ou indéfini, un adjectif démonstratif, un adjectif possessif ou un adjectif indéfini. Plus rarement, ¡| peut tre un adverbe : ce monsieur-/d, cette fois-ci.
La première difficulté posée par ce rapport syntaxique minimal consiste en ce que, pour utiliser correctement les déterminants, il faut que |'éléve retienne par coeur le genre des noms, ainsi que leur nombre. On dit ce sac mais celfe fleur et ces casseffes. Un nom peut étre déterminé aussi par un adjectif épithẻte, par un autre nom en complément ou en apposition, voire une proposition (le cas de la phrase complexe). Cette potentialité en expansion est représentée par le schéma de Roland Eluerd (Langwe et littérature, p.
SN =D +N + (ADJ) + (SN) + (SP) + (Proposition relative) Dans une phrase comme Ce roman passionne beaucoup de lecteurs, le syntagme nominal ce roman peut se développer comme suit. Le célébre roman “ Les misérables” de Victor Hugo. Le syntagme nominal Victor Hugo, à son tour, peut se développer; grand écrivain frangais Victor Hugo. Alors la phrase sera Le célébre roman “Les misérables"” du grand écrivain frangais Victor Hugo passionne beaucoup de lecteurs.
Dans un syntagme nominal si développé, les éléves peuvent avoir du mal a trouver le sujet proprement dit, ce qui passionne réellement les lecteurs. Ici, c'est roman, c'est le roman qui passionne les lecteurs, non pas écrivain ni Victor Hugo. Et puisqu’aucune régle ne limite cette expansion, plus celle-ci est grande, plus il est difficile pour les éléves d`identifier le nom noyau qui remplit la fonction de sujet En dehors de l`étendue du groupe du nom qui peut causer des difficultés de compréhension, deux autres difficultés que les éléves peuvent rencontrer quand ils produisent ce type de construction, c'est l'emplacement de l'adjectif épithéte par rapport au nom, et l'emploi d'un complément du nom.