DIFFICULTES RENCONTREES PAR DES ETUDIANTS VIETNAMIENS FRANCOPHONES LORS DES PREMIERES RENCONTRES EXTRA-UNIVERSITAIRES AVEC DES FRANCOPHONES NON-VIETNAMIENS Reéalisé par GIANG THI Kim Loan Sous la Directionde Madame DƯƠNG THỊ Thu Thi et Monsieur Michel LE GALL Juin 200) REMERCIEMENTS J’adresse mes plus sincéres remerciements A Madame DUONG THI Thu Thi et à Monsieur Michel LEGALL, Directeurs de recherche, pour leurs suggestions pertinentes et leurs conseils pratiques; Merci à Madame NGUYEN XUAN Ta Huyén, Directrice du Département de Frangais, pour ses précieux conseils et ses enseignements; Ma profonde reconnaissance a tous les autres professeurs du Département de Frangais pour leurs encouragements; Ainsi que tous les étudiants de la premiére année a la quatri¢éme année du Département de Francais qui mont beaucoup aidé a réaliser l’enquéte; Giang Thj Kim loan SOMMAIRE INTRODUCTION 1 PREMIERE PARTIE: 4 ‘ANALYSE DE LA SITUATION 5 *HYPOTHESES 14 DEUXIEME PARTIE: 16 *EXAMEN D'ELEMENTS THEORIQUES MISE EN RELATION DE CEUX-- Cl AVEC NOS HYPOTHESES I} L'ACTE DE PAROLE ET DE COMMUNICATION : L.2/ Particularité des actes de communication en classe de langue etdans la vie courante.3/ Examen des hypothéses selon ces éléments théoriques 20) Définitions 22 II.2/ Quelques éléments d'une situation de communication en milieu extra-universitaire et en classe de langue.3) Statut des interlocuteurs 11.4) Contenu du message [1.3/ Examen des hypothéses selon ces éléments théoriques 27 II LA DIMENSION : D’ SITUATION DE III.3/ Quelques aspects non-verbaux 11.1) Le regard IH.2) L’activité gestuelle IH.3/ Examen des hypothéses selon ces éléments théoriques 31 TROISIEME PARTIE : 33 * OUTIL D'INVESTIGATION * ANALYSE DU CORPUS 36 CONCLUSION 45 BIBLIOGRAPHIE 51 ANNEXES Des situations vécues avec des lFrangals en milieu extra-universitaire, ces derniéres années, nous ont permis de constater que des eétudiants du Département de Frangis,( notamment nos chers amis et moi-méme) rencontrent des difficultés dans la communication. Bien qu‘ils soient bien outillés par des acquis langagiers en classe de langue, nous remarquons que face 4 un Franqgis, en milieu extra-universituire. ceux-ci n’arrivent pas ä parler naturellement. De 14 se profile notre question de recherche: “ Pourquoi les étudiants du Département de Franqis ayant bénéficié d°une formation universitaire rencontrent-ils des difficultés de communication avec des natifs? ” Nous voulons souligner, dés lors, que notre travail s'incrit dans le champ de l'influence de la situation de communication, du type de discours et aussi du facteur (inter)culturel sur la réalisation et la Page 2 réussite d’échanges entre étudiants vietnamiens el natifs francophones.
Afin de pouvoir trouver la réponse A cette question de recherche et aux hypothéses que nous allons présenter dans la partie suivante, nous avons ctabli des étapes de recherche comme suit : ® Une étude d’éléments théoriques a travers la lecture et la synthése de quelques travaux de linguistes dans le domaine concerné tels que CATHERINE KERBRAT-ORECCHIONI , VERONIQUE TRAVERSO, JEAN-LOUIS CHISS. ® La réalisation d’‘un questionnaire adressé aux €tudiants de l'ensemble du Département de Frangais de L’Université de Pédagogie de Hw Chi Minh Ville. Page 3 eAHNYPLOTSHÈED LASITUA ON| Nous avons remarqué que les €tudiants du Département de Frangis rencontrent certaines difficultés dans la communication avec des Franqgais. Ceci pourrait 6tre lié d'une part ä une prise de parole irréguliére dans la classe de langue et d‘autre part au manque de pratique avec des natifs.
De plus, nous Pensons que certains aspects culturels pourraient Gtre de nature a freiner la communication des étudiants dans le cas de rencontres avec des locuteurs natifs. Partant de ces constats, nous avons voulu éclairer ces difficultés en nous intéressant au contexte pédagogique du Département de Frangais, contexte au sens large, A savoir, autant l’outil de formation proprement dit que l’espace et le lieu of certaines habitudes, certains comportements peuvent naÏtre et se développer. Notre mémoire ne concerne pas l’acquisition des compétences linguistiques, indispensable, bien entendu, pour une réelle mattrise du frangis, mais plutöt la mise en pratique de ces compétences, et plus particuliérement les conditions ainsi que le cadre Page 5 scolaire et extra-scolaire pour leur mise en pratique. Nous avons done choisi d'‘orienter notre recherche selon les trois aspects suivants : i/ Aspect sociologique et socto, En premier lieu, il nous parait intéressant de remarquer l"absence de professeur étranger en classe de langue.
Au total, le nombre de professeurs de frangais du Département s’éléve 4 une quinzaine plus un spécialiste frangais mais ce dernier n'a pas de responsabilité d’enseignement. Une rencontre par semestre est envisagée, parfois tous les 2 semestres avec les étudiants dans des cours intitulés: ‘le loisir de pratiquer le frangais TM Pourtant, il y aussi des cas of les tudiants ont l*occasion, grace 4 certaines rencontres, par exemple des Conférences sur la Littérature au Département ou ailleurs, de voir et d’entendre ce que font les Frangais.IIs peuvent également poser quelques questions si nécessaire. Page 6 En outre, nous tenons ici ä faire une parenthése pour souligner l’importance des stages d’été réalisés gprace ä la coopération entre une organisation franqgaise et notre Département, chaque année. Néanmoins, il existe un probléme.D'un cété, le nombre de stagiaires frangais est limité et de l’autre cé6té, nous enregistrons en général une faible participation des étudiants.
En réalité, il n'y a que 2 stagiaires qui toutefois ne sont pas en mesure de répondre aux besoins d*un grand nombre d°étudiants. Quant aux étudiants, ils ont rarement l*occasion de rencontrer des natifs pendant l'année. I] reste donc une seule fagon de rencontrer ceux-ci en participant aux activités d‘été. Cependant, depuis 3 ans, l'effectif des étudiants participant aux stages d’été est vraiment limité , ce sont des habituels et les meilleurs €tudiants a l’oral.
Donc, ä partir de ce constat, nous €mettons une hypothése: les €tudiants auraient peu d’occasions de communiquer avec des natifs et peu d’occasions de vivre d’autres situations que celles de la classe pour palier a cette absence de contacts. Page 7 2/ Aspect Didactique : Il est vrai qu'en classe, le professeur qui est le noyau, la personne centrale prend souvent la parole. explique la legon et demande aux é€étudiants de s*exprimer, de répondre aux questions mais ceux-la ont rarement l"occasion de prendre la parole parce que. d‘une part, les réponses sont surtout données par les meilleurs €tudiants alors que les plus faibles n‘oseni pas répondre.
Ce sentiment d’insécurité linguistique freine leur prise de parole spontanée. De plus, une fois qu ‘ils font face 4 une communication moins scolaire, en dehors de la salle de classe, il est facile de remarquer que ce frein sera encore beaucoup plus accentué que dans la salle de classe. C'est pourquoi, nous faisons I‘hypothése gue les é€tudiants n’ont pas l"habitude de parler le frangais du fait d’une prise de parole irréguliére dans la classe de frangais et qu" ils rencontreront done des difficultés d’autant plus grandes hors de la classe.'application de l'approche communicative en classe de langue vise a habituer les Gtudiants a prendre la parole, a s'exprimer naturellement en frangais. A travers les exercices de jeux de réle, ceux- ci peuvent s‘entrainer à réagir dans des situations proches de la vie quotidienne.
Mais nous pensons quc ces situations ne correspondent pas tout ä fait à ce que rencontrent les étudiants dans la réalité. Donc, la fagon de s’exprimer dans une classe de langue préparerait- elle tout a fait ou insuffisamment aux interactions verbales que les étudiants rencontreront dans la vie réelle +? Une autre cause entravant le développement de ‘expression orale chez les étudiants est liée a l*effectif dans une classe de langue. Avec le nombre d'une trentaine d'étudiants, la distribution de la parole au cours d‘une séance contraint les étudiants a utiliser des actes de communication trés courts, peu laborés et coupes de toute motivation réelle. Alors que dans la vie extérieure les apprenants devront souvent réaliser Page 9 de longues phrases assez complexes et trés ancrées dans une situation donnée.
Voici un exemple a l*appui: Il y a 2 ans, au cours dung visite avec 2 stagiaires fran¢gais au musée des crimes de guerre, nous avons remarqué que les étudiants avaient du mal 4 parler le frangais bien qu!ils avaient 4 expliquer aux stagiaires des connaissances familiéres, ils n’arrivaient pourtant pas a formuler de longues phrases correctes. Considérons d’autre part, par exemple, le cus d‘un touriste frangais qui nous demanderait de lui indiquer le chemin pour aller a la poste. Alors,il fous obligerait 4 réaliser des phrases exactes pour qu‘il les comprenne et qu’il ne s”ếgare pas. Nous pouvons citer comme dernier exemple la notion d’urgence qui marque parmi de nombreuses autres notions une différence entre la situation en classe et celle de la vie réelle.
En classe, si l’étudiant ne veut pas répondre à la question du professeur, il ne lui répondera pas mais dans la vie courante, au cas on par exemple af vưi quelqu‘un qui est amené A aider un Frangais tombé par terre et blessé et QUẾ oelui_& Qui Page 10 demande s”il y a une pharmacie dans les environs, il faut étre capable de réagir spontanément , précisément et immeédiatement A cette situation. A l'aide des exemples cités, nous voulons montrer que les situations vécues ou seulement evoquees en classe, sont sans doute éloignées de celles de la vie quotidienne. Inversement, certains types de discours, d"interactions verbales et communicationelles de la vie extra-universitaire ne seraient pas toujours présents ou abordés en classe de langue. 3/ Aspect culture! : Parmi les causes qui provoquent des difficultés de communication, nous remarquons que le manque d° «expérience civilisationnelle » ne semble pas négligeable, qui va jusqu’a empécher les tudiants de bien communiquer avec les natifs.
En cours de civilisation frangaise, c'est plutoét Ie cote culturel qui attire les étudiants. l*apprenant vietnamien ‘ faute d’expérience Page II civilisationnelle, par manque de voyage, se penche notamment sur la géographie et sur I"histolre de la France. II privilégie la vie Gconomique et la vie politique, sans se rendre compte de son insuffisance dans la compréhension de la vie quotidienne des Fran ca1s. Ainsi néglige-t-il la quecstion du comportement des Européens.
Par exemple, la fagon dont ils se saluent, ils se comportent. Ces connaissances “de luxeTM ne semblent 9 pas tout a fait indispensables pour pouvoir communiquer avec les natifs mais elles sont perqies comme plus intéressantes alors que celles sur le comportement des Frangais ne sont pas vraiment approfondies dans le programme d'études. Nous avons pu constater, a contrario, que par exemple, un manuel comme « Libre Echange » donne beaucoup d’importance ä l’analyse et la pratique des comportements de communication A travers des documents culturels du type « la guerre des 4ges », «le sexe faible » etc. Page 12 Nous avons donc émis des hypothéses liées a ces constalations que nous allons examiner ensuite en regard d‘éléments théoriques existants sur la question.
Nous avons bati un questionnaire pour tenter de répondre a ces hypothéses. Notre propos sera plus particuliérement centré sur l’analyse des situations de communication et sur linfluence, sur celles-ci, de certains aspects interculturels. Page 13 Les observations nous ont conduit ä choisir un certain nombre d’*hypothéses que nous avons deéji énoncées et que nous voulons expliciter dans la partic théorique. 1* Les étudiants n’auraient pas I habitude de parler le frangais du fait d°unme prise de parole irréguliére dans la classe de franqis, langue étrangére.
Mi Certains types de discours d’interactions verbales et communicationnelles de la vie extra- scolaire ne seraient pas toujours présents en classe de langue. 3* En classe de langue, les situations dans lesquelles se déroulent les communications auraient une influence sur le développement, la qualité et la nature des compétences de communications. 4* Les é€étudiants auraient peu d’occasions de communiquer avec des natifs et peu d’occasions de vivre d’autres situations que celles de la classe pour palier a ce probléme. 5* Ils pourraient acquérir néanmoins , pour nombre d’entre eux , de bonnes compétences de Pagel4 communication mais certains aspects culturels non verbaux pourraient @6tre de nature A freiner la communication dans le cas de rencontres avec des locuteurs natifs.
Pagel5 EXAMEN D’ELEMENTS THÉORIQUES MISE EN RELATION DE CEUX-CI AVEC Page 16 1) PAROLE 1.